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 La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]

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私 は Aellia Kaede



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MessageSujet: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Mer 22 Mai - 22:54

Le casino était bondé et bruyant ce soir-là. Comme les autres soirs de la semaine, Aellia volait entre les tables, servant et débarrassant les clients qui s’installaient soit autour des jeux, soit dans le coin bar. Comme si une magnifique transformation magique s’était imposée depuis qu’elle avait enfilée sa tenue de serveuse (un chemisier blanc sur une jupe noir et des escarpins de la même couleur), la blonde avait un sourire calme et une attitude semblable qui détonnait à merveille de la créature haineuse et folle qui se promenait souvent dans les rues. Quoiqu’il en fût, la blonde répondait aux demandes des clients avec une sérénité qui lui était étrangère mais pourtant qui lui seyait bien.

Au casino, les clients étaient rois, et ce rien que par l’argent qu’ils y laissaient. Plus encore parce qu’un client qui se sentait en position de force et qui obtenait rapidement ce qu’il commandait avait plus de chances de revenir la prochaine fois que ses poches seraient pleines de son salaire du mois. C’était la base du marché d’un casino, comme Aoi Matsumura l’avait expliqué à la blonde au début de son embauche à temps partiel. Au début, bien entendu, cela avait dérangé Aellia mais ses écarts de comportement ne l’avaient jamais mis à la porte de l’établissement. A la place, Aoi essayait de la conseiller et de lui laisser plus de pauses pour qu’elle souffle… A force de recevoir toute cette bonne volonté de la part de sa patronne, la franco-japonaise avait mis de l’herbe sous son pied et sa conduite était devenue presqu’irréprochable.

Presque, c’était le mot. Alors qu’un vieil imbécile qui passait toute sa pension de retraite dans les jeux essayait de lui mettre la main aux fesses et qu’Aellia se retournait vers lui avec un regard glacial, Aoi la héla depuis le bar. Sa main brulait de rencontrer le visage flétrit du vieux pervers, pourtant et comme à chaque fois qu’elle travaillait, la blonde retint ce coup et adressant un regard glacé à l’homme, elle fit volte-face pour rejoindre sa patronne. Aoi était une belle femme, plus encore, une magnifique japonaise aux cheveux bruns-cuivrés digne d’une crinière. Elle était toujours maquillée sobrement et pourtant cela la mettait bien plus encore en valeur. Ses yeux chocolats et doux se posèrent sur sa serveuse et ses lèvres s’étirèrent en une moue :


« Un problème ?
-Ce vieux pervers qui refait des siennes… Je devrais lui mettrait un bon coup là où je pense, ça calmerait ses ardeurs ! »

La directrice du casino eut un sourire amusé en imaginant la plus farouche de ses serveuses remettre à sa place Takano-san de cette manière. Il était toutefois vrai qu’il devenait de plus en plus entreprenant avec les filles du casino et qu’il faudrait bientôt qu’elle aille elle-même mettre des halte-là… Secouant doucement la tête, elle fit s’entrechoquer les perles de son collier de nacre au dessus du fabuleux décolleté qu’elle portait (une robe aux imprimés digne de kimono en soie, mais serrée et ouverte autour de son corps pâle). Ses iris se posèrent une fois de plus sur Aellia et, se souvenant de la raison de son appel, elle reprit la parole de sa voix de directrice :


« J’aimerais que tu t’occupe d’un client assis à la table à roulette numéro 3. Oui, Aellia, ce même client dont tu avais déjà dû t’occuper la dernière fois… »

Le sourire doux de Aoi ne réussit pas à empêcher la blonde de lever les yeux au ciel. Ce même mec que la dernière fois ? Ouais, elle s’en souvenait. Habe Nemirov, qui venait accompagner d’un dénommé Poliakov qui faisait affaire avec sa patronne. Poliakov… nan mais sérieux, ces russes quoi ! Habituellement, ce genre de tâche ne rebutait pas la jeune femme car elle savait qu’Aoi ne l’assignait qu’à des gens qui ne provoqueraient pas son courroux, mais aujourd’hui la donne avait changée un peu. Aellia avait eu l’occasion de croiser Habe dans la rue, et ce type était vraiment… heu… bon il était ce qu’il était. Mais même aussi tolérante, la jeune femme n’avait pas envie de le recroiser dans ces conditions. Au travail, elle était en position de faiblesse (elle se devait un minimum soumise pour servir les clients) et rencontrer quelqu’un qu’elle connaissait hors de ce lieu dans le casino était dangereux. Enfin…

Attrapant le plateau où deux coupes de champagne attendaient sagement pour les ‘invités’ d’Aoi, la blonde fit réapparaitre sur son visage une expression calme et avenante puis traversa les bancs de clients qui s’amassaient autour des jeux. A la roulette n°3, elle vit en effet le géant russe assis, en compagnie de son ami. Inspirant calmement, elle ferma les yeux un bref instant puis s’avança vers eux et déclara de sa voix de serveuse :


« Bonjour, je suis Aellia, la serveuse envoyée par Matsumura-san. Voici deux coupes d’un très bon champagne français offertes par la maison. » Elle posa les coupes devant les deux étrangers puis reprit par la phrase habituelle : « La directrice vous attend dans son bureau Poliakov-san. » Elle s’inclina très légèrement, comme une danse qu’elle avait appris par cœur et termina sa réplique : « Ces messieurs souhaitent-ils quelque chose de spécial ? »

Elle ramena le plateau vide contre ses cuisses et lia les deux mains dessus, comme une serveuse l’aurait fait dans un café, un casino ou une maison d’hôte… Son regard, qui avait évité de tomber sur Habe depuis le début de son monologue détaillèrent rapidement le vrai client de Aoi, avant de tomber sur le géant blond. Elle se demandait ce qu’il pouvait bien penser à ce moment-là…

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Dernière édition par Aellia Kaede le Jeu 20 Juin - 23:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Ven 24 Mai - 2:29

"Grouilles-toi, on est à la bourre !"

Tapotant du pied énergiquement, Viktor s'impatientait. La ponctualité était une qualité qu'il s'obligeait d'avoir auprès des femmes qui l'attendaient, respectant sa déontologie du parfait gentilhomme. Cela faisait plusieurs minutes qu'Habe était à l'intérieur de sa chambre, et à ses yeux, mettre une tenue complète ne devait pas prendre plus d'une minute. Se fichant bien de la pudeur du gringalet, il entra sans attendre. Habe était face à un grand miroir, de dos, en train de s'empêtrer avec quelque chose qu'il ne pouvait voir.

"Bon, qu'est-ce que tu fous ?"
"Je.. Ma cravate est bloquée."


En soupirant, il s'approcha de lui pour la lui défaire. Désolé et presque désespéré de ce garçon qui ne saura sans doutes jamais se débrouiller seul, il s'attela à lui expliquer comment faire.

"Bon, c'est simple, je vais te faire une image pour que tu comprennes. On va te faire un nœud simple, parce que le mien ne t'ira pas. Bon, tu prends ta cravate au milieu et tu la laisses pendre dans le vide. Tu prends le gros serpent et tu le mets au dessus du petit. Ensuite, en faisant le tour par derrière, il essaie de lui tordre le cou. Il repasse par devant pour assurer sa prise et une fois que c'est fait, il sort du trou par derrière le petit serpent. Une fois que c'est fait, la torsion de l'animal a formé un.. Je veux dire, l'étranglement a laissé un petit espace, et pour être sûr d'achever son adversaire, le gros serpent y passe. Bref, afin que le gros serpent encore vivant ne te mords pas, tu le prends par la tête et tu le tires d'un coup sec. Voilà, comme ça."

Le nœud était bien fait, mais ça manquait de finition. Et il ne voulait pas venir au casino avec des détails qui manquent, surtout avec un costume déjà parfait à qui on n'aurait rien reprocher, lui.

"Après, t'arranges le tout hein. Tu replaces un peu mieux le nœud, et pour bien faire, il y a quelque chose d'intéressant sur certaines cravates ; il y a une attache dans le grand pan, juste dans le dos, et tu y glisses le petit pan. ça évite que lorsque tu bouges le buste, tu aies deux pans qui se baladent comme des guirlandes de Noël. Trêves de plaisanteries, je nous avais annoncé à pour 20h30, et il y est déjà le quart."


"Je suis désolé."
"On a pas le temps pour ça, on discutera dans la voiture, en espérant que le centre n'est pas bouché."


Ils partirent rapidement, dévalant les marches deux à deux - quatre à quatre pour Habe -, traversant le hall sans adresser un message aux subalternes et claquèrent les portières de la voiture avec empressement.


"Habe, ta ceinture."

Il appuya sur la pédale d'accélération et commença à dévaler les rues à une vitesse modérée. Si la météo avait été clémente au moment du départ, elle l'était un peu moins au bout de quelques kilomètres. De la pluie commençait à percuter le pare-brise, créant une harmonie musicale avec le bruit continu des roues. Instinctivement, Habe posa son visage contre la vitre du côté passager. Presque attendri par cette image - si l'enfant en était vraiment un -, Viktor engagea la conversation.

"On risque pas d'arriver avant un moment. On est en périphérie du centre et ça commence déjà à bouchonner. Tu sais, aujourd'hui est un jour spécial. Sais-tu pourquoi ? C'est l'anniversaire du mari décédé d'Aoi. Il a été tué lors d'une bagarre entre deux clans. Il avait rien à voir avec eux, mais il a eu la malchance d'être au milieu de tout ça. Une façon assez sale de mourir pour quelqu'un qui tenait un casino. Enfin.. ça te dérange si je ..?"

Mettant une cigarette aux lèvres, il porta son regard sur Habe. Il lui fit un simple non de la tête, mais, si il lui répondait, ça signifiait que son histoire l'intéressait. Il ouvrit la fenêtre de son côté, continuant son récit, ponctuée par quelques pauses tabagiques.

"Bref. Ce cher monsieur est mort. Et comme elle fut sincèrement épris de cet homme, elle lui accorde une attention particulière le jour de son anniversaire. Et généralement, ça la rend assez triste, même si elle s'efforce de sourire. Alors je passe lui rendre visite, afin de rendre son fardeau un peu moins lourd."
"Son fardeau ?"
"Oui. C'est un terme qu'on utilise pour qualifier des peines que l'on transporte tout au long de notre existence. Et bien souvent, dans toutes nos relations, on cherche systématiquement quelqu'un qui nous le fera oublier, ou rendre plus léger."


Habe s'accorda un instant pour réfléchir à cette phrase. Il n'était pas un spécialiste en psychologie ni même quelqu'un de très intelligent, mais cela lui semblait vérifiable.

"Donc, je vais la voir, je tâche de la faire rire ou de la sortir. C'est important, ça lui fait du bien. Et même si je passe mon temps auprès d'elle comme étant au second plan de ses relations, le premier plan étant occupé par son défunt mari, ça me convient, et à elle aussi. Enfin, pour résumer, je m'occupe d'elle en ce jour car elle en a besoin plus que les autres. Si tu aimes quelqu'un Habe, tâches de lui apporter ce dont il a besoin."
"Compris. C'est une jolie histoire."
"Боже мой ! Tu es bien naïf, comme un enfant. Cette femme vit des tragédies depuis son enfance. Et je la visite alors que son mari doit être six pieds sous terre, mais tu trouves ça beau. Il est bien beau le monde féerique d'Habe Nemirov, j'y ferai bien un tour de temps en temps. ça changerait de cette jungle de béton où chaque humain est tellement affamé de satisfaire tous les instincts qu'on lui stimule, il suffit de lui faire sauter sa précieuse éducation et il devient le plus dangereux des prédateurs. Enfin bon, de toutes façons, on est bientôt arrivé."


Par chance, la pluie s'était calmée en cours de route. Le trajet avait été plus long que prévu à cause des embouteillages et il était déjà 21h05.

Le casino, une grande structure qui appâte les clients avec ses néons, ses promesses de gains, les cadeaux commerciaux, les serveuses en tailleur, le culte d'un rêve de réussite par la prise de risque. Une espèce de monstre énorme qui présente très bien, engrangeant des millions de bénéfices face à un peuple nippon qui ne sait pas encore très bien se protéger contre la bête. Le temple de la malhonnêteté où les croupiers pratiquent le rituel du capitalisme, où les tricheurs sont les érudits que l'on écarte, où le citoyen lambda peut espérer gagner des jetons s'il tire la bonne queue du diable. Un lieu d'apparence et de tromperies qui rassure par son extravagance et donnent à ses habitués une raison toute nommée de se procurer de l’adrénaline lorsque les cartes ne sont pas cachées : jouer avec le sang de la société, gaspiller l'air qui fait respirer les pauvres, tout miser sur un instant présent qui transcende l'homme dans le pouvoir du divin, l'argent.

Ils passèrent devant les videurs, franchirent les portes coulissantes et atterrirent dans un autre monde. Le pâle soleil fut remplacé par des lumières artificiels, le bruit des voitures devient celui des pachinkos, des exclamations de joies ou de désarroi, les bavardages incessants des joueurs, les annonces des croupiers.

Lors de sa première venue, Habe a failli vomir tant il se sentait déboussolé. Depuis, lorsqu'il vit qu'il avait ici tout ce qu'il avait dans le repaire de Viktor, en plus joli, il s'y sentait bien. C'était un habitué, qui aimait l'ambiance et le charme des dorures qui l'on trouvait un peu partout dans la décoration.


"Je lui ai dis que je serai à la roulette 3. Suis-moi."

Poussant légèrement son dos avec sa main, le petit guida le grand à travers les tables. Par chance, leur différence de taille assurait une surprise suffisante pour que les clients les laissent passer sans les approcher. Encore plus qu'on voyait très bien qu'ils avaient plus de chance d'être originaires de Vladivostok que du Kyushu. Viktor installa Habe au coin de la table, l'intimant de l'attendre ici, qu'il reviendrait avec des jetons pour passer le temps. Il mit plusieurs minutes.

De retour avec l'équivalent d'un salaire de caissière transformés en petits bouts de plastiques de différentes couleurs, il lui tendit un verre. Vodka.


"Allez, trinquons, mon ami. Aux belles histoires !"


Il riait seul, le grand souriant un peu. Ils jouèrent que très passivement, se satisfaisant plus d'observer les autres joueurs. On était mercredi et il n'y avait ici que des personnes qui pouvaient se permettre de ne pas retourner chez soi la veille d'un jour de travail. Un couple, c'est plutôt rare pour le noter ; généralement, couple et argent à parier font suffisamment mauvais ménage pour que l'on en voit jamais. Deux vieux hommes, quelques jeunes bien contents que leurs pères dirigent de grandes sociétés. Alors qu'il s'apprêtait à balancer quelques jetons sur la case "Rouge", Viktor retint son bras.

"Est-ce qu'il existe d'autres jeux ?"
"Oui. En réalité, tu peux jouer à ce que tu veux quand tu as de quoi parier. Généralement, l'argent est une mise qui convient à tout le monde. Il s'agit simplement de mettre quelque chose sur la table, un enjeu à quelque chose. Ici, au Japon, on peut trouver des parties privées de Mahjong. C'est la mafia qui s'en occupe, les jeux d'argents étant illégaux dans ce pays. Pourquoi, tu t'ennuies de ceux-ci ?"
"Ceux-ci sont très injustes. Il en faudrait quelques-uns où le joueur aurait une vraie influence sur le jeu."
"C'est moins rentable. T'échauffes pas trop la tête, tout ceci n'est que mathématiques, crois-moi. Il n'y a pas de hasard ni de chances, simplement des chiffres."


Le jeune commença à bougonner dans son coin, mécontent de cette logique inflexible. Cela fit presque rire Viktor, qui prit un malin plaisir à ne pas le laisser lui tenir tête.

"Tiens, c'est pas la serveuse que t'as rencontré l'autre fois ?"
"Oui."
"Comment elle s’appelle déjà ?"
"Aellia."
"Elle t'intéresse ?"
"ça veut dire quoi ?"
"Est-ce que tu voudras la réconforter le jour où elle se sentira triste ?"
" Je.. Je ne sais pas."
Invite la quelque part, fais la rire. Même si serveuse dans un casino, c'est dans un autre cadre qu'un bar de quartier, ça reste un travail merdique. Fais la sortir, changes lui les idées, ça lui fera du bien."
"Et si elle refuse ?"
"ça mon garçon, c'est un truc que je ne t'apprendrai pas. A toi de devenir un homme."


Le sens de sa phrase restait mystérieux pour lui, mais il y consacra une certaine attention. La définition propre d'un homme lui était étrangère, autant qu'elle est d'avantage subjectif à chacun. Il se plongea dans ses souvenirs et se rappela la définition de son père : "Est un homme la personne qui voue ses bras à accomplir plus de bien autour de soi que de mal qui n'en provoque, volontaire ou non.". C'était assez flou car il n'avait jamais vraiment pris la peine de demander à cette serveuse si sa compagnie était un bien pour elle. Et lui poser la question la mettrait sans doutes en colère, alors il préféra s'en abstenir. Il remua ses méninges autour de cette question pendant plusieurs minutes, suffisamment longtemps pour que la demoiselle arrive sans qu'il ne s'en rende compte.

Face à ces deux coupes de champagne, l'un resta bouche bée, l'autre répondit simplement :


"спасибо."

Sans s'expliquer d'avantage, il vida sa boisson d'un trait, prit sa veste sous le bras, et se leva de la table. Il remercia la sollicitude de la serveuse, lui glissa une petite liasse de billets dans la poche arrière une fois à sa hauteur. Il lui chuchota quelques bas mots :

"Pouvez-vous lui tenir compagnie ? Même s'il me semble que, vous vous connaissiez déjà."

Il s'en alla le sourire aux lèvres, avec une tape légère sur ses fesses pour la motiver. Il n'arrangea pas les histoires de son poulain, mais il en était presque satisfait. Le geste était déplacé et ce ne fut pas le premier de la soirée pour Aellia, il l'avait vu. En partant, il se fit une réflexion amusante : Dans le joli monde d'Habe Nemirov, combien de temps peut rester en vie le grand moucheron face à une araignée de glace ?

Aellia s'installa à côté d'Habe, froide. Il ignorait ce qu'avait ou dit Viktor, mais ça n'avait pas eu l'air de lui plaire, visiblement. Pour paraître agréable, il lui proposa de jouer avec lui, sans même savoir si ça lui plaisait, et assez maladroitement.


"Tu.. Veux jouer avec moi ? Tu peux utiliser tous mes jetons si tu veux."

C'était une tentative d'approche comme une autre. S'il n'osait pas la toucher ni lever son regard vers le sien, il ne fuyait pas à son contact, c'était déjà ça. Il ne savait pas de quoi parler ni s'il l'on devait parler pendant ce genre de moments. Alors il se tut et se contenta de jouer et à petites doses. Les secondes paraissaient longues, très longues.

Après ce qui lui semblait une éternité de gêne, il se lança. En bafouillant, en parlant trop vite, il lui demanda :


"Tu voudrais qu'on sorte ensemble ?"


Dernière édition par Habe Nemirov le Lun 27 Mai - 2:52, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Sam 25 Mai - 1:43

Aellia n’eut pas à attendre très longtemps. Comme tout un chacun dans ce lieu, personne ne restait en place bien longtemps. Certains se levaient pour poser des jetons sur la table et parier ; d’autres pour changer de jeu ou commander une boisson ; finalement, certains se devaient simplement de bouger et d’aller là où ils le devaient. Ce fut le cas de ce Viktor Poliakov qui, après vidé sa coupe de champagne comme si c’était du petit lait, attrapa sa veste et se mit sur ses pieds. Il devait faire environ la taille de la jeune femme en temps normal, mais les talons que celle-ci portait lui faisaient gagner quelques centimètres encore… Déjà plus grande que la moyenne, voilà désormais qu’on lui rajoutait encore quelques centimètres… C’en était presque amusant.

Alors qu’elle songeait à cela, la bonde ne put s’empêcher de lâcher du regard cet homme que sa patronne recevait dans son propre bureau (elle ne voulait même pas savoir pourquoi faire, en vérité !). Il était un digne représentant de la Mère-Patrie, ne put s’empêcher de penser Aellia. Blond, à la limite du blanc, une peau pâle et des traits occidentaux… Il détonnait incroyablement parmi la foule de petits japonais aux cheveux sombres et aux yeux bridés. Il s’avança vers elle et, sans vraiment savoir pourquoi, la jeune femme serra un peu plus fort le plateau qu’elle tenait toujours entre ses mains. Car, oui, depuis qu’elle avait terminé de parler, elle n’avait pas bougé d’un pouce, presque semblable à une statue de marbre.

« Pouvez-vous lui tenir compagnie ? Même s'il me semble que, vous vous connaissiez déjà. »
À peine commençait-elle à réfléchir à la demande et surtout à se demander comment ce type pouvait bien savoir qu’Aellia et Habe se connaissaient déjà, qu’il recula ses lèvres de son oreille et que quelque chose apparaissait entre ses doigts. La jeune femme tourna brusquement les yeux vers cette main, où elle aperçut quelques billets qui, avant de pouvoir dire quelque chose, se retrouvèrent dans la poche arrière de sa tenue… Ce n’était pas la meilleure idée du siècle à vrai dire. Aellia cherchait sans cesse de l’argent. Pour survivre, pour ses plaisirs ou se détruire un peu plus, mais qu’on le lui donne pour qu’elle babysitte quelqu’un la dérangeait grandement. Et habituellement, surement aurait-elle rendu l’argent avec un sourire mauvais à son propriétaire avant de lui balancer le plateau à la tête… Habituellement. Viktor était cependant un invité d’Aoi Matsumura, et elle avait reçu des consignes très droites quant à ce genre d’invités… Aellia n’avait pas le droit à un tel comportement.

Tout en se concentrant pour recracher l’air retenu dans ses poumons lentement, la jeune femme essaya de faire fît de cet argent glissé dans sa poche comme si elle n’était qu’une vulgaire prostituée. Pourtant, alors qu’il allait s’éloigner avec un sourire aux lèvres, le russe choisit d’aggraver son cas. Sa main vint rebondir sur les fesses de la blonde, comme pour l’encourager… Un instant, Aellia se dit qu’elle comprenait ce que devaient ressentir les pouliches que l’on présentait lors de concours équins. Quoi qu'il en soit, elle n’eut pas le temps de répliquer ou de rager, car il s’était déjà faufilé dans la salle.

Il lui fallut quelques secondes pour inspirer à fond et réussir à bouger son corps, sans céder à la colère qui grondait au fond d’elle. Une question tournait inlassablement dans son crâne : ‘Pourquoi les hommes avaient-il tant besoin de toucher ses putains de fesses ?!’. N’y trouvant pas de réponse, la jeune femme se mit assise à côté de l’homme dont elle était censée être la nounou pour la soirée. Son visage était imprimé d’une froideur distante, seule expression qui arrivait à transparaître sur son visage ses derniers temps lorsqu’elle était furieuse. Perdant ses yeux sur la table de roulette, elle tenta d’oublier où elle se trouvait et espéra que la soirée se finisse bientôt.

S’échapper de la réalité était une chose, mais c’était sans compter qu’elle était à côté d’Habe et que ce dernier avait apparemment du mal à comprendre qu’elle souhaitait déconnecter du monde réel pour le moment. Idiot et bon comme il l’était, il ne put s’empêcher de lui proposer de jouer avec ses propres jetons que ce pervers de Viktor avait dû lui acheter avec on-ne-sait quel argent… Quoi qu’il en soit, Aellia ne put rester dans ses pensées. Tournant la tête vers lesdits jetons, elle en attrapa une poignée qu’elle jeta pêle-mêle sur un numéro qu’elle ne prit pas le temps de lire. La raison de cette attitude idiote et désintéressée était toute simple, Aellia n’aimait pas les jeux d’argent comme ceux-là, car seule la chance primait. Et la blonde n’avait rien de chanceux.

« J’te préviens, ces jetons sont perdus et si tu m’laisses jouer avec tu vas finir fauché… »
Elle n’était pas sincèrement agressive mais plutôt froide et distante. Le comportement du russe, tout à l’heure, avait vraiment mis à mal son humeur pour la soirée, et le fait de se retrouver cloué à une table de jeu pour mieux contempler sa malchance ne faisait rien pour l’aider. Comme pour prouver la véracité de ses mots, les jetons qui étaient posés leur furent happés à la fin du tour de roulette car le chiffre ne sortit pas… Et, ironique comme elle l’était, Lily ne put s’empêcher de se demander si elle pouvait faire perdre tous ces jetons à Habe dans un temps record.

La réponse n’eut jamais le temps de se formuler dans la tête de la blonde sous quelques formes que ce soit, car les mots maladroits du jeune homme qui était à ses côtés la bousculèrent et vinrent en prendre la place.

"Tu voudrais qu'on sorte ensemble ?"… Il se foutait de sa gueule ou cherchait juste à être franc avec elle ? Alors que cette question se faisait recouvrir d’une multitude d’autres dont celle de la réaction qu’elle se devait d’avoir (mais qui elle aussi se fit profondément enfouir sous d’autres), Aellia tourna la tête brusquement –trop même- vers le russe, le visage boqué dans une expression perdue. Habituellement, la jeune fille aurait surement éclaté d’un rire froid et aurait tenté de l’enfoncer jusqu’au fond… Pourtant, les mots avaient été lâchés si brusquement sans aucune fioriture qu’elle s’en trouva déstabilisée et qu’elle ne sut même pas quoi dire. Il lui fallut alors une longue minute pour réfléchir au sens de cette phrase qui, dans la bouche d’Habe, ne pouvait pas être interprétée comme dans la tête d’Aellia. Interdite, elle finit par demander dans un souffle :

« Je… Tu veux quoi… ? »
Elle en avait oublié de rire ou de s’enfuir. Elle se rendit même compte que, quoi que cela sous-entendît, elle avait oublié de refuser net. Parce que oui, Aellia était un chien sauvage qu’on ne domestiquait pas. Que ce soit par la force ou la gentillesse, de manière prémédité ou pas. Elle en oublia tout le personnage qu’elle s’était construite et dont elle ne se séparait plus maintenant et se retrouva dans son plus simple appareil devant ce type des plus étranges.

Secouant la tête comme pour essayer de se réveiller –elle avait l’impression d’être anesthésiée ou d’avoir testé une nouvelle fois de la morphine auprès d’un revendeur de la ville-, Aellia passa une main dans ses cheveux courts (ça aussi ça lui faisait encore bizarre !) pour essayer de se donner un peu de contenance. Il lui fallait quelque chose pour reprendre pied. Glissant de la chaise haute sur laquelle elle avait déposé ses fesses, auprès d’Habe, elle attrapa son plateau et expliqua :

« Je vais me chercher un whisky, je te ramène une vodka ? »
Sans vraiment attendre sa réponse, ou alors elle ne l’avait même pas entendu, la blonde se faufila dans la foule à sa manière. On aurait dit qu’elle se coulait entre les corps, évitant même de les toucher grâce à sa souplesse presque féline. Comme un fantôme, elle se rendit au bar et servit un verre de vodka (elle oublia juste d’y mettre la dose normale, et se retrouva avec un verre rempli aux trois quarts qui ne put contenir qu’un glaçon) et se servit un triple whisky et deux glaçons. Secouant encore et encore sa tête, elle finit par revenir à peu près à elle, ou à son masque tout du moins. Attrapant le plateau, elle revint sur ses pas et rejoignit rapidement Habe, après tout elle n’avait pas envie qu’on lui dise qu’elle n’avait as bien fait son babysitting de la journée…

« Tiens, fais gaffe j’ai un peu abusé sur la dose. » Lança-t-elle calmement en déposant la vodka devant le russe tout en s’installant avec son propre verre à sa place d’avant. « Je… Donc. J’t’écoutais plus désolée. Tu disais ? »
Elle essayait de se reprendre comme elle pouvait. Mais désormais qu’on l’avait si bien déstabilisé, elle n’arrivait plus à reprendre ce même ton froid ou distant. Elle était simplement neutre et pas suffisamment agressive à son goût… Enfin bon, il n’y avait personne pour le savoir, non ?

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MessageSujet: Re: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Lun 27 Mai - 21:18



Pendant quelques secondes, le temps s'était arrêté. Magiquement, les jetons étaient figés en l'air, le son n'existait plus, les clients étaient statufiés. Le sort ne dura que très peu de temps, mis en éclat dès lors que les lèvres d'Aellia se mirent à bouger.


"Je… Tu veux quoi… ?"


Le message n'avait été le plus clair qu'on pouvait l'espérer. Habe en eut conscience assez peu de temps après qu'il ait fini sa phrase. Il n'avait pas oser briser le silence qui servait d'introduction à la réponse. Il se trouva penaud, sans savoir si elle n'avait pas compris ce qu'il lui disait, ou même ce qu'il lui avait demandé.

Sans se laisser la précaution de réfléchir d'avantage, il réitéra sa demande. Il se racla presque la gorge, ravala sa salive, se tourna vers elle et.. Partie sans même lui laisser le temps de prononcer un mot. Si le choix d'une boisson n'était pas de refus, celui de pouvoir lui adresser un mot aurait été préféré. Il s'apprêtait à râler quand autre chose que le chaos ambiant attira son attention.

C'était petit, gris et pas très beau. ça tenait dans la main et ça avait de courtes intermittences lumineuses. Curieux, il le ramassa. ça vibrait dans la main, et ça disait : "Un correspondant inconnu cherche à vous joindre.". Comprenant de quoi il s'agissait, Habe se retourna vers son interlocutrice.


"Ton télé..?"

Elle avait disparu, sans doutes pour aller chercher les rafraichissements. A présent, il n'y avait qu'une foule de clients qui allaient et venaient. Il sortit le clapet et mit l'appareil contre sa joue.

"Moshi moshi ?"
"Sale ..Qui est à l'appareil ?"
"Habe Nemirov."
"Où est la traîtresse ?"
"Qui ?"
"Aellia, kusoryarô !"
"Elle est au casino avec moi."

"Pourquoi ? Qui êtes-vous ?"

La seule réponse qu'il obtenu fut les tonalités constantes et monotones de la communication coupée. Il ne se posa pas plus de question, encore plus qu'il ne connaissait que peu le bas langage nippon.

Aellia arriva avec les boissons. Sans trop comprendre ce que signifiait la dose dans un verre de vodka pour quelqu'un qui ne l'avait toujours bu que pure.


"спасибо."

"ça veut dire merci en russe."


ll décela une incertitude inhabituelle chez son interlocutrice lorsqu'elle lui posa sa question. A dire vrai, depuis la première fois qu'ils s'étaient rencontrés à l'extérieur de son travail, il n'avait cessé d'avoir cet effet là sur elle.

Avec l'habitude de ne pas se poser d'avantage de questions, il enchaîna assez rapidement, braquant son regard sur elle :


"Je disais.. Est-ce que tu voudrais que l'on sorte ensemble ?"

Si son message n'avait pas forcément la même signification dans sa bouche que dans celle des autres, il n'en savait rien.
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MessageSujet: Re: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Mar 28 Mai - 1:49

La salle était de plus en plus bruyante, et cela commençait à fatiguer la blonde. Pourtant, et comme elle l’avait dit à Habe, elle allait l’écouter pour qu’il lui explique ce qu’il avait dit. Assise sur la chaise haute, les mains liées autour du verre de Whisky, elle adressa un hochement de tête au russe lorsque celui-ci lui expliqua comment dire merci dans sa langue natale. C’était presque ironique qu’elle apprenne cela en russe alors qu’elle ne l’avait presque jamais prononcé dans sa langue natale ou d’adoption. Au final, surement était-elle affreusement malpolie.

Pour se donner contenance, alors qu’elle se sentait toujours perdue et peu assurée, la jeune femme tourna la tête vers la salle et l’examina lentement d’un bout à l’autre. Elle avait l’habitude de faire cela pour voir si quelqu’un avait besoin de quelque chose… ou si personne n’avait décidé de débarquer pour lui faire la peau. En effet, les premiers temps, elle avait vraiment craint qu’un Hide ou même un Kuragari ne décide qu’elle devait payer pour toutes les saloperies qu’elle leur avait faites… Cela l’aurait franchement mis à mal auprès de sa patronne, mais après quelques mois de calme, la jeune fille avait relâché sa surveillance.

Alors qu’elle songeait vaguement à cela, Habe ouvrit une nouvelle fois la bouche à ses côtés et répéta bêtement sa demande… N’avait-il pas songé que c’était cela que la blonde ne comprenait pas ou fuyait ? Quoi qu’il en fut dans sa tête, Aellia se sentit une nouvelle fois déstabilisée mais évita de le montrer. Inspirant doucement, elle tourna la tête vers lui et se retrouva à le fixer de manière songeuse. Pourquoi à chaque fois qu’elle se retrouvait avec lui, elle devait se retrouver ainsi perdue et mise à nue ? Comment faisait-il cela … ? Et surtout, pourquoi ? Même si la blonde se doutait bien qu’il n’était pas vraiment conscient de son effet sur elle, elle craignait qu’il cherche quand même à s’en servir contre sa liberté… Fermant un bref instant les yeux, elle essaya de s’éloigner de ses réflexions et répondit lentement :

« Qu’est ce que tu racontes… ? Tu… Enfin, merde quoi ! Tu veux dire quoi par sortir ensemble ? T’es au courant au moins de ce que ça veut dire pour les gens normaux !?! »
Elle avait haussé le ton au fur et à mesure qu’elle parlait. L’explication à cet énervement ne résidait que dans le fait qu’elle ne savait pas quoi dire et quoi faire. Elle n’aurait jamais du réagir ainsi ; elle aurait dû, comme toujours, refuser net et se montrer agressive sans raison. Mais, étrangement, avec Habe, elle n’arrivait jamais à être totalement comme ça, fidèle à son image de salope. Elle se retrouvait trop souvent désarçonnée ou se sentait trop mal pour rester définitivement mauvaise avec lui. C’était vraiment étrange…

Secouée par un frisson à mi-chemin entre énervement et inquiétude, la jeune femme baissa la tête vers son verre. Le liquide ambré capta son attention pendant quelques secondes. Craignant de se faire aspirer par ses reflets lumineux, et cherchant à se donner une certaine contenance après son haussement agressif de voix, la blonde attrapa le verre d’une main sûre et le descendit d’une traite, sans même reprendre son souffle. Elle ne sentit même pas le goût particulier du whisky ou la froideur du liquide où trempaient des glaçons. Seule la brulure le l’alcool sur son œsophage et son estomac resta en elle. C’était tout de même assez pitoyable.

« Te connaissant, j’suppose que ça veut pas dire ce que je pense… » Reprit-elle d’une voix plus calme, plus douce presque. « Mais dis-moi, Habe, pourquoi tu voudrais sortir avec moi ? »
La question n’était pas bête, et Aellia se la posait vraiment. Elle avait toujours du mal à comprendre que l’on puisse vouloir lui parler ou la côtoyer car elle faisait toujours tout pour dégouter les gens de l’approcher. Seuls quelques énergumènes comme Habe ne semblait pas s’en rendre compte ou allait au-delà de ça. C’était étrange… étrange et inquiétant. Un peu incompréhensible aussi.

Tournant la tête, elle jeta un regard en coin à la vodka du géant qui l’accompagnait pour la soirée et repéra son téléphone posé devant lui. Penchant légèrement la tête sur le côté, surprise, elle tendit la main et s’en empara d’un mouvement vif. Elle ne l’ouvrit pas pour vérifier ses sms, mails ou appels. Il était plutôt rare que quelqu’un prenne de ses nouvelles. La plupart du temps, c’était des coup de fils anonymes qui lui annonçaient qu’on lui ferait bientôt la peau… Autant dire qu’elle se fichait bien de se servir de ce petit appareil, du coup. Profitant pourtant de l’excuse pour éviter qu’un blanc ne s’installe et ne la mette plus mal à l’aise qu’elle ne l’était, elle ouvrit à nouveau la bouche :

« J’avais laissé cette merde technologique ici ? … En tout cas c’est sympa d’avoir veiller dessus… Puis si c’était pour me… »
Elle ne fit pas sa phrase. Dans le casino, des voix s’étaient élevées au dessus des autres. On aurait dit qu’une bagarre commençait où quelque chose dans se genre. Se retournant sur son siège haut, la jeune femme chercha des yeux l’origine de cette explosion de voix, se demandant si elle avait devoir intervenir une fois de plus ou pas. Un amassement commençait à se former vers l’entrée. Se laissant une nouvelle fois glisser sur le sol, la blonde se tourna vers Habe et reprit d’une voix tendue :

« Je vais aller voir ce qu’il se passe… »
Une nouvelle fois elle ne termina pas son explication. Cette fois-ci l’explication fut très simple… alors qu’elle voulait s’expliquer auprès d’Habe avant de lui faire faux bond et de régler le problème qui semblait s’amplifier dans le casino, une voix masculine hurla son prénom avec tant de haine et de venin qu’elle se retrouva pétrifiée sur place. Serrant compulsivement le siège qu’elle avait quitté quelques instants plus tôt, la jeune femme osait à peine respirer. Perdue dans un cercles d’incompréhension, elle ne s’entendit même pas murmurer :

« Qu’est ce qu’y se passe, bordel… ? »

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MessageSujet: Re: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Ven 31 Mai - 3:55

« Qu’est ce que tu racontes… ? Tu… Enfin, merde quoi ! Tu veux dire quoi par sortir ensemble ? T’es au courant au moins de ce que ça veut dire pour les gens normaux !?! »

S'il était clair que la surprise était totale, le refus l'était moins. Le fait de s'énerver de cette façon pour une demande aussi anodine lui paraissait assez étrange. Cependant, ça ne l'affectait pas tellement. Ce trait du caractère d'Aellia était quelque chose qui avait tendance à l'apaiser, à le calmer. Le bénéfice d'avoir quelqu'un de plus tendu à côté de soi, cela permet parfois d'oublier son propre stress. La seule chose qu'il l'atteignit véritablement dans ses phrases, ce fut la notion d'êtres normaux.

A ses yeux, il n'avait jamais été très différent d'autrui, mentalement parlant. Il prenait légèrement conscience qu'il devenait une exception parmi les autres enfants au fur et à mesure qu'il grandissait, mais jamais au point de leur être étranger. L'idée qu'il ne puisse faire partie de ces gens qui composaient la société le blessait. S'il avait un corps adulte, il gardait ce désir d'enfant de voir son existence reconnue auprès de quelqu'un, d'une autorité. Ne plus exister dans le regard de quelqu'un, cela revenait à être abandonné, une nouvelle fois. Si à l'instant son cœur aurait pu être symbolisé, cela aurait été par l'image d'un enfant que l'on laisse seul sur la plage.

Victime d'une certaine pudeur, il ne voulait pas pleurer devant tous ces personnes. Il refusait de le faire et le seul moyen qui lui vint à l'esprit fut de boire son verre. Il n'avait pas fais attention à la teneur en alcool et le but d'un trait. Aellia le fit également au même moment. Il lui vint à l'esprit si c'était possible qu'elle aussi pleurait à l'intérieur, en le cachant aux autres. Il aurait voulu se retrouver contre la poitrine de sa sœur en ce moment même.


« Te connaissant, j’suppose que ça veut pas dire ce que je pense… »
« Mais dis-moi, Habe, pourquoi tu voudrais sortir avec moi ? »


Cela lui tira du souvenir de sa sœur. Si ça avait été prononcé plus de douceur, ça n'en restait pas moins problématique. La vérité était qu'il n'avait pas réfléchi aux motifs qui le pousseraient à vouloir "sortir" avec Aellia. Il était désarçonné, et le plus simple était d'expliquer ça tel que ça lui venait à l'esprit.

"Je.. Pour te réconforter.."


ça ne gardait qu'un sens assez trouble, même si la réponse était très clair. ça ne lui paraissait pas très élaboré, mais c'était la seule information que lui avait donné Viktor. Et comme Aellia avait accordé de nouveau son attention sur autre chose, ça n'était pas plus mal.

« J’avais laissé cette merde technologique ici ? … En tout cas c’est sympa d’avoir veiller dessus… Puis si c’était pour me… »

Relativement frustré et vexé de n'avoir toujours pas eu de réponse à sa proposition, il n'avait pas écouté. A plus forte raison que même sans être très évolué, il réussissait à deviner lorsque quelqu'un parlait alors que sa compagnie le dérangeait. Venant de la part de quelqu'un qu'il appréciait, cela lui déplaisait beaucoup, mais autre chose capta son attention.

Une bande de jeunes personnes s'agitait devant l'entrée. Les portiers ne les avait pas laisser rentrer, ne respectant pas le code vestimentaire de l'endroit et surtout douteux de la volonté réelle de jouer de ceux qui se présentaient. Si habituellement les clients récalcitrants n'étaient pas très problématiques, ceux-ci étaient une vingtaine et particulièrement virulent.


« Je vais aller voir ce qu’il se passe… »
"Da."


Elle ne fit que quelques pas pour quitter la table et alors les jeunes commencèrent à frapper les portiers. Ils étaient six fois plus nombreux, alors s'imposer a été très rapide. Ils laissèrent quelques personnes pour continuer à maintenir les gardiens à terre, et le reste passa les portes.

Ils étaient mal habillés, c'est vrai. Quelques uns avaient les cheveux colorés et la plupart n'était pas venus les mains vides. Battes de baseball, poings américains, opinels, matraques et autre chaînes en fer s'étaient invités avec eux. Ils commencèrent par intimider la foule qui s'était amassée devant les portes, curieux face à l'agitation qu'ils avaient créés. Ils en dépouillaient quelques uns, les vidant de leur portefeuille, n'osant pas résister vu le nombre. Ils rôdaient parmi eux une minute ou deux, cherchant quelque chose ou quelqu'un. Et face à leur échec, un des leurs se mit à crier un nom, si fort que cela résonna dans toute la pièce principale.

Habe se tourna vers l'appelée. Apparemment, le cri n'avait pas eu un impact positif, du tout. Soucieux de l'état de la demoiselle, il commença à s'intéresser au groupe. De loin, il ne vit rien de particulier, si ce n'est qu'ils étaient particulièrement agressifs. Puis il vit une chose qui fit percuta sa mémoire. Un signe qu'il avait déjà rencontré quelques fois. Les seuls fois qu'il l'avait vu, les personnes qui le portaient faisait du mal à Aellia. C'était trois cercles non finis qui possédaient une base commune. On le voyait aussi quelques fois sur des produits ménagers.

Ses souvenirs en rapport avec ce signe s'additionnait frénétiquement, des ruelles, des personnes violentes, des coups, du sang et de la sueur. Subitement, il comprit l'évidence, ils venaient pour elle.

Pas assez fort ou résistant pour pouvoir se battre contre un tel groupe, il saisit la main d'Aellia dans la sienne et se mit à courir. Son mouvement la tira si fort qu'elle n'avait que d'autre choix que de le suivre, bien déterminé à ne pas lâcher sa prise. Il contourna la table du plus vite qu'il était et s'éloigna le plus possible de l'entrée. Ils attirèrent l'attention des clients autour d'eux, d'avantage que le faisait déjà les Kuragaris. Et en plus de cela, par inattention, il bouscula une serveuse, renversant son plateau et les verres qu'elle transportait.

Le groupe eut l'écho de l'évènement et se dirigea vers lui intelligemment. Ils reconnurent les cheveux d'Aellia au loin et se mirent à la poursuivre. Si un casino était un endroit où l'on pouvait se dissimuler facilement, ils ne manquèrent pas le détail qui leur assurerait de ne jamais les perdre de vue. Le grand gaillard dépassait presque la taille des machines automatiques. Ils les insultèrent tous les deux de nombreuses façons, pour bien leur faire comprendre qu'ils ne leur échapperont pas, et qu'ils allaient souffrir.

Habe courrait vite, bénéficiant de grandes jambes et d'une bonne foulée, mais il ne pouvait pas accélérer sans laisser Aellia derrière. Alors il plaça sa main contre sa taille et la souleva en levant ses jambes par le dessous. Il rapprocha de son torse afin que la charge soit moins lourde à porter. De cette manière, il pouvait courir presque à son aise. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à trouver un plan de sortie, ou à trouver quelqu'un qui en connaitrait un, Viktor.

Il n'avait jamais accompagné Viktor au bureau de la directrice. Mais il savait qu'il devait au moins prendre un ascenseur pour y accéder. Cette cage de métal était sa voie de sortie la plus sûre, et cela se passerait près des cuisines.

Le casino que possédait Aoi Shizuka avait été bien pensé en termes d'organisation. Il avait une entrée principale disposant d'un parking, et d'une entrée pour le personnel qui se trouvait sur le côté du bâtiment. Ici se trouvait le parking privé prévu pour le personnel et les clients qui louaient une suite. Au sous-sol se trouvait alors un ascenseur qui menait aux différents étages du casino, au rez-de-chaussé pour le personnel de la restauration, au premier et au deuxième pour l’hôtellerie, l'avant dernier étage était réservé aux bureaux administratifs et le dernier servait à la direction.

En ayant bien observé les va-et-vient du personnel lorsqu'il s'ennuyait de jouer, Habe avait réussi à bien cartographier le hall principal. Les cuisines se trouvaient du côté ouest du bâtiment et c'était entre les tables de roulette et de black-jack. Il courait à travers la salle en faisant des zigs-gags entre les rangées de machines automatiques, tachant de semer le doute parmi ses poursuivants. C'était un petit stratagème très simple, mais qui finissait par lui assurer un souffle-conduit jusqu'aux ascenseurs.

Ils étaient grands, moins que lui, gris et entourés de bois marron. Il appuya sur la touche d'appel avec son genou, priant pour que la machine soit des plus rapides. Il avait mis un peu de distance entre les Kuragaris et eux, mais cela ne durerait qu'un moment avant qu'ils aient totalement explorés le hall principal. Certains qui étaient fatigués de les poursuivre avaient commencé à vandaliser l'intérieur, pillant les caisses des bars, déversant du champagne sur les tapis de jeux. C'était malheureux, mais ça restait une aubaine pour s'enfuir. Ils étaient réunis par la volonté de la trouver, mais ils se divisaient dès qu'il s'agissait de pouvoir se défouler sur quelque chose.

Les portes s'ouvrirent en annonçant avec une voix féminine : "rez-de-chaussé, Hall principal". Ils s'engouffrèrent à l'intérieur précipitamment, en même temps que des membres du gangs entendirent la voix. Il fallait vite refermer les portes et choisir un étage. Les boutons n'indiquaient pas d'étages mais des noms. Et Habe ne connaissait le kanji de la direction. Par chance, Aoi était une femme prévoyante, et les noms avaient été traduits en anglais pour ses clients venants de l'étranger. Il ne lui fallu pas longtemps pour appuyer son index dessus, et fermer les portes définitivement à leurs assaillants.

Les chiffres défilaient lentement, et à chaque étage de leur progression, ils entendaient les Kuragaris courir à travers chaque niveau en arrivant un peu trop tard à chaque fois pour les intercepter. Il n'était pas rassuré et n'avait pas lâcher Aellia d'entre ses bras. L'attente se transformait doucement en angoisse, mais ils furent saufs. Car malheureusement, il n'existait pas d'escaliers à l'intérieur du bâtiment qui menait au dernier étage.

Reprenant ces esprits en même temps que la voix annonçait "dernier étage : direction", il réalisa ce qu'il faisait. Il déposa Aellia au sol sur le champ, les joues rouges et s'excusant profondément comme le ferait des japonais. Il n'était pas à l'aise avec le contact physique lorsqu'il s'agissait de personnes étrangères à sa famille, et là, c'était le comble. Il n'avait probablement pas désapprécier, mais il ne savait comment réagir face à cette chose qui lui était inconnue. Et rapidement, son cerveau lui rappela l'urgence de la situation. A l'extérieur de l'ascenseur, c'était un bureau vide menant sur une porte. Il la franchit sans frapper auparavant.


"On a un problème !"

Ils étaient tous les deux côtes à côtes en train de regarder la vue sur la ville que donnait la baie vitrée du bureau. Elle portait une robe de soirée de couleur caramel du maquillage, il avait un verre à la main et la faisait rire. Mais Habe les tira de leur intimité. Les deux personnes dans la pièce furent surpris au premier abord, puis curieux, et enfin interrogateurs.
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MessageSujet: Re: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Mar 4 Juin - 22:48

Le cri avait incroyablement perturbé Aellia. Alors qu’il n’était pas si rare que des combats explosent dans la salle ou à l’entrée du Casino, la jeune femme avait pris l’habitude de ne plus se méfier de ce genre d’incidents (car elle n’en avait presque jamais été la cause) et d’intervenir dans les conflits pour les calmer. En ça, Aoi avait été plutôt gagnante avec la franco-japonais, car en effet elle était bien la seule des serveuses (et même de certains hommes employés ici) à ne pas avoir peur d’arrêter les bagarres et s’interposer entre deux combattants. Grâce à cela, Aellia avait plus d’une fois mis la main à la pâte pour aider les vigiles à calmer les échauffourées… et même eux reconnaissaient une certaine utilité chez la blonde (il faut dire qu’être arrêté par un petit bout de femme, ça impressionnait plus d’un idiot !)

Pourtant, c’était la première fois que le nom de la blonde résonnait aussi fort entre les murs du Casino. Et rien qu’à en entendre l’intonation et les accents haineux, et à voir le grabuge qui était en train de rendre fous les clients de l’endroit, la blonde avait compris qu’il s’agit d’un détachement de Kuragari… N’ayant pas refait de coup bas à son clan depuis quelques temps, ils ne pouvaient être là que pour une raison : venger leur humiliation… Beaucoup n’avait pas accepté qu’elle revienne aussi facilement parmi les Ténèbres et n’avaient, depuis, de cesse de lui faire savoir qu’elle allait payer ! Apparemment le moment était venu.

*Comment ont-ils su ?!* Ce fut la seule pensée cohérente qui sortit de l’esprit d’Aellia alors que les coups commençaient à fuser et que son prénom et des insultes étaient déversés à flot. Elle ne se demanda pas ce qu’elle allait subir, ni comment elle allait s’enfuir… encore moins comment elle conserverait son job après ce désastre… Non, juste de savoir comment ils pouvaient être venus ici en sachant qu’elle y travaillait… Ce job était plus ou moins un secret. Surtout pour ceux de son clan avec qui elle n’entretenait pas de liens particuliers…
Rien n’eut le temps de se formuler dans son esprit embué de surprise et surtout des volutes d’alcool qu’elle avait avalé bien trop vite. Rien, puisqu’elle sentit une grande main, brulante par rapport à la glace qu’était devenue sa peau sous le choc de cette découverte, attrapé la sienne et la tirer brusquement à travers les jeux. Courant à s’en décrocher les jambes –Habe faisait un pas lorsqu’elle devait en faire minimum deux-, la petite Aellia essaya de suivre le grande Habe dans sa course contre les Ténèbres, sans tomber. Autant vous dire que si l’alcool but d’une traite ne l’avait pas achevé, ce fut le cas de la course et du rebondissement de la vodka dans son estomac trop vide à chaque pas et changement de direction qu’ils faisaient. Et, autant rajouté que, bien vite, la jeune femme perdit vitesse et notion du réelle. Courant parce qu’on lui tirait sur le bras, elle finit par perdre sa force et la nausée vint jouer avec elle.

Alors qu’elle avait conscience que des hurlements s’adressaient à elle et à Habe, que les insultes qui résonnaient derrière eux n’étaient pas des plus douces et qu’elle allait définitivement devoir s’arrêter sous peine de vomir, Habe se stoppa net. Elle allait le remercier, se pencher et laisser l’alcool s’échapper de son estomac en priant pour que la brulure dans son ventre s’arrête, lorsqu’il passa une main sous ses genoux, le fit basculer et la rattrapa au niveau des épaules. Avant de pouvoir dire quelque chose, il l’a portait contre son torse et repartait en faisait des pas digne d’une armure géante qui se prenaient pour un cosmonaute… La douleur dans son ventre ne s’atténua pas mais elle pouvait au moins respirer par le ne à fond pour essayer de calmer, ou du moins contenir, sa nausée. Les yeux fixés sur le torse et le cou d’Habe, elle n’arrivait plus à décrocher un mot, une insulte ou à se dégager de ses bras pour mieux s’enfuir… Peut-être était-ce mieux après tout ?

Ils ne coururent pas trop longtemps comme ça car bientôt ce furent les portes en acier de l’ascenseur qui se refermèrent sur l’étrange couple qui avait essayé de semer les Kuragari dans le Casino. Aellia suivit la main d’Habe chercher l’étage du bureau d’Aoi sans rien dire… ou plutôt sans ne pouvoir rien dire. Elle avait l’impression d’halluciner, que les murs de la cage dansaient avec le rythme effréné de son cœur, que la lumière clignotait pour leur donner le rythme. Elle dériva tant et si bien qu’elle finit par imaginer que les bras qui ne l’avaient pas lâché allaient la faire valser pour accompagner les murs, son cœur et la lumière. L’image était amusante et belle, d’une simplicité d’enfant et cela apaisa Aellia… Alors qu’elle allait inciter Habe à tenir sa parole et donc à la faire valser, la voix métallique de la cage d’ascenseur annonça le dernier étage. Comme réveillé par un coup d’électricité, Habe déposa Aellia sur le sol et rompit sa promesse… enfin… le pensait-elle. Avant qu’elle n’ait le temps de lui faire une remarque ou de se plaindre, il s’inclina pour s’excuser de ce manque d’impolitesse auprès d’elle, des murs, de son cœur et de la lumière qui voulaient repartir pour une nouvelle valse.

La bonde ne dit rien, toujours les yeux voilés par son fantasme. Elle sentit du mouvement à sa droite et comprenant qu’Habe se dirigea droit devant lui –peut-être pour aller se chercher un verre au buffet- elle le suivit en espérant pouvoir réclamer sa danse plus tard. Elle ne voyait rien –ou plutôt ne voulait rien voir- perdue dans son rêve, et l’alcool embrouillant plus que nécessaire son esprit. Elle aurait pu rester longtemps dans ce moment entièrement créer par son esprit devant tant de choses qu’elle ne comprenait pas et surtout qu’elle ne maitrisait pas ! Pourtant, elle eut l’effet d’une énorme gifle lorsqu’elle entendit la voix d’Habe s’élever à côté d’elle. « On a un problème ! »… Quel prob’…. Les Kuragari… MERDE !

Ecarquillant brusquement les yeux, Aellia quitta le monde des fantasmes si brusquement que sa tête résonna très fort et qu’elle se sentit perdre équilibre. Pourtant, elle était si paniquée de prendre conscience qu’elle était devant Aoi et Viktor –qui s’étaient retournés brusquement vers eux, surpris- et qu’ils y avaient des monstres qui étaient en train de déchiqueter le casino en bas, qu’elle s’avança maladroitement jusqu’au bureau. Ses grands yeux brillants s’emplirent d’eau ressemblant à des larmes mais qui restèrent totalement bloquées dans ses prunelles, et Aellia fixa Aoi avec force. Elle se devait de lui expliquer…

« Je… Shachô, des Kuragari sont entrés dans le casino ! Ils… Ils s’en sont pris aux clients et aux jeux… Je n’ai pu rien faire ! »
Aoi ouvrit en grands les yeux lorsqu’elle entendit le mot Kuragari, et pour peine. Son mari avait été assassiné par ce gang, laissant la jeune femme gérer seule l’affaire et devenir la directrice d’un des commerces les plus luxueux et rentables de la ville ! Aoi n’avait jamais re-eut affaire avec les démons de ce gang occidental et cela avait réussit à calmer la jeune femme et même à accepter Lily parmi ses employés, se fichant de son clan, tant qu’elle faisait son job correctement. Elle s’était même prise d’affection pour la blonde, comprenant ses efforts et tolérant ses écarts… Alors comment cette plaie qu’était les Kuragari pouvait être dans son casino aujourd’hui ?! Paniquant autant devant le souvenir de son mari assassiné, que face à ce qu’il se passait quelques étages plus bas, Aoi s’avança et attrapa Aellia par les épaules, serrant bien plus fort que necessaire, de peur qu’elle s’enfuit. Elle hurla presque sa question !

« Pourquoi sont-ils là, Aellia ?! Ils veulent de l’argent ?! Dis leur que je vais leur en donné ! Dis le leur ! Mais surtout qu’ils… » Aoi perdait pied.

« Non… Shachô, ils ne veulent pas d’argent… Ils… C’est… Ils me veulent moi. Ils ont des comptes à régler et je… » Essaya d’expliquer Aellia en serrant les poings si fort que ses jointures en devinrent blanche et que son corps se mettait à trembler petit à petit.
Devant les mots d’Aellia, Aoi ouvrit en grands les yeux et recula brusquement en la lâchant comme si elle s’était mise à bruler tout à coup. Elle tourna la tête vers Viktor qui semblait avoir de l’importance pour elle, et y chercha surement un peu de soutient. Ce dernier semblait moins présent dans la conversation qu’il l’aurait peut-être fallut. Il réfléchissait en contemplant de travers Habe. La scène était incroyablement étrange et Aellia commença à se sentir bête d’en faire partit. Elle qui n’avait ni foi ni loi, elle était désormais à la limite des larmes pour protéger et aider sa patronne et pour conserver ce job qui, lui seul, lui permettait de faire un repas par jour et suivre ses études. C’était affreusement risible après tout.

« Il faut que vous sortiez d’ici, Shachô ! S’ils tombent sur vous, ils n’auront pas plus de considération qu’ils n’en ont pour moi ou pour qui que ce soit d’autres… Je… Je… » Aellia bloquait, n’arrivait pas à dire ce qu’elle avait à dire. Elle était nulle pour ce genre de chose… Pourtant, fermant les yeux très forts, elle inspira et lâcha d’une traite : « Je ne veux pas qu’ils s’en prennent à vous ! »
C’était bête comme phrase, et encore plus à dire. Pourtant, la jeune femme n’était pas du genre à avoir des sentiments positifs pour les autres. Aoi était surement l’une des seules pour qui Aellia avait de la considération et presque un genre d’amour comme celui d’une fille à sa mère. Ce cas était suffisamment rare pour qu’elle se force à parler et à être humaine. S’avançant vers Aoi, elle attrapa sa main avec le plus de douceur qu’elle pouvait avoir à travers sa panique et sa colère. Tournant la tête vers Habe et Viktor, elle expliqua :

« Il y a un escalier de secours au fond du couloir, à côté de l’ascenseur qui termine sur une ruelle où l’on sort habituellement les poubelles… Il faut que l’on sorte Matsumura-san d’ici avant que ces idiots n’entrent de force dans l’ascenseur ou lui tombe dessus ! »
Aoi n’essaya pas de répondre car elle se rendit compte que personne ne lui prêtait plus trop d’attentions et qu’il n’était plus le moment de refuser de l’aide ou de s’expliquer avec son employée. Elle ne retira pas sa main des mains d’Aellia, et serra même brièvement ses doigts autour de ceux de la blonde pour la remercier quand même de sa bienveillance. Face à ce mouvement, la blonde sursauta et retira sa main en y voyant plutôt une demande polie (les japonais étaient même trop polis !) d’Aoi pour qu’elle lui lâche les doigts… Vraiment, elle n’y comprenait rien aux sentiments.

Se tournant véritablement vers les deux Russes, elle les contempla un instant. Il fallait y aller maintenant… et très vite ! Angoissée, son visage n’était pas aussi inexpressif que d’habitude. Elle semblait un peu plus humaine et fragile et en même temps absolument déséquilibré et changeante. C’était plutôt un bon tableau pour représenté ce qu’était devenue Aellia avec le temps. Un être à la fois déséquilibré et faussement inhumains. Un mélange du masque qu’elle s’était amusée à porté et ce qu’elle était tout au fond. Une bombe à retardement.

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MessageSujet: Re: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Mer 12 Juin - 3:59

C'était l'effervescence la plus totale. Aellia était paniquée pour sa vie et sa patronne. Habe ne savait pas du tout comment gérer une telle situation. Et Aoi réagissait sans avoir pris la peine de réfléchir. Face à tant d'agitation, Viktor eut presque un sourire. Il prit un air décontracté et entrechoqua les verres entre eux afin de capter l'attention.

"Attention tout le monde, on se calme. Il n'y a aucune décision qui n'est moins sûre que celle qui est prise dans la précipitation. Pour l'instant, personne ne sort, tout le monde respire bien à fond et on tâche de se ressaisir."


Il attendit une petite trentaine de secondes. Sa légèreté et son recul sur la situation les surprit au premier abord. Et face au silence et à la détermination du blond, ils n'eurent que d'autres choix de faire ce qu'ils disaient.

"Bien. Ces types, quels qu'ils soient, ont eu le bénéfice de l'effet de surprise. Nous, nous avons l'intelligence et la connaissance du lieu. Pour l'instant, le plus gros risque, c'est qu'ils parviennent jusque ici, et à deux, on ne pourra pas faire des miracles. On va donc bloquer l'accès. Habe, ouvre l’ascenseur et mets-y un meuble à l'entrée, maintenant."


Sans trop comprendre pourquoi, le géant s'exécuta. Il retourna dans le secrétariat, prit la chaise du bureau, ouvrit l'ascenseur et la mit entre les portes. Il se retourna vers Viktor en quête d'une explication et la magie opéra. Les portes se refermèrent, bloquèrent contre la chaise et se rouvrait. Impossible d'accéder à l'étage par cet ascenseur. Haussant légèrement la voix pour qu'il l'entende, Viktor l'interpella.

"Les portes risquent de cogner un moment, consolides avec d'autres choses afin qu'on soit sûr que la chaise ne bouge pas."


Il prit une jardinière de fleurs et la plaça directement contre la porte, de cette façon, aucun mouvement de porte n'était possible. Une fois qu'il en fut assuré, il retourna dans le bureau de la directrice, pas plus rassuré qu'auparavant.

"Maintenant, on va pouvoir prendre quelques minutes pour remettent les choses au calme. Premièrement, la seule issue possible de cet étage est la sortie de secours comme l'a dit Aellia-san. Cette porte permet seulement de sortir, il faut une clé pour rentrer de l'extérieur. Alors, nous sommes saufs. Excusez-moi un instant."


Il sorti son téléphone portable de la poche de son manteau, posé sur le dos d'une chaise. Il composa le numéro de la police en prenant une voix paniquée.

"Moshi moshi ? Vite, venez ! Il y a une bande de jeunes, ils cassent tout ! Ils sont dans le casino à l'ouest de la ville ! Venez, ils agressent les clients ! Euh, attendez.. Je crois qu'ils sont au moins une vingtaine. Il faut vraiment que vous.. Je.. Je crois qu'ils m'ont vu, venez vite !"



Il raccrocha au nez d'une opératrice inquiète. Presque fier de son talent d'acteur, il posa son téléphone sur la table. Sans perdre de sa confiance, il continua de prodiguer ses conseils.

"La police va arriver et attrapera ceux qu'elle pourra. Même si ça ne donnera pas grand chose, ça les dispersera et ça évitera que d'avantages de dégâts soit commis. Concernant l'éventualité d'une rançon qui les appaisera, je doute qu'il faille traiter de cette manière avec eux. Ils n'ont apparamment rien demandé et se contente d'être violents depuis leur entrée, à ce que j'en ai compris. Je doute alors que l'argent les intéresse au point de les calmer. Et dans les cas où de tels individus sont attirés par la monnaie, ils sont bien souvent plus intelligents et discrets dans leur procédé. Donc pour le moment, laissons la police faire son travail. En somme, il n'y a pas d'inquiétude à avoir. L'assurance couvrira les dégâts causés par les malfrats et il ne reste que ces deux jeunes personnes à faire sortir."

Il s'accorda un petit instant de réflexion silencieuse. Il sortit une liasse de billets de sa poche et la tendit à Habe.

"Habe, tu vas prendre cet argent et tu vas raccompagner cette demoiselle chez elle, et tu feras attention que personne ne la touche. Bon, vous allez prendre la sortie de secours et vous passerez par l'entrée des livraisons. Normalement, y'a personne à cet endroit vu que tous les employés ont du s'enfuir. Tâchez d'être discrets, c'est pas dis que quelques-uns aient décidé de traîner un peu. Mais ne vous attardez pas trop non plus, la police peut vous attraper comme le reste, et on a pas de temps à perdre à venir vous chercher au poste pour une méprise. Et pour ce qui est de Sancho-san, elle est entre de bonnes mains, les miennes. Maintenant, partez."


Habe saisit l'argent et obéit sans réfléchir. Il prit l'avant-bras d'Aellia et la tira vers l'extérieur. Viktor ferma la porte derrière eux, composant un numéro de téléphone avec le sourire aux lèvres. De l'autre côté, on entendait du russe.

La porte de sortie claqua contre la barrière métallique de sécurité, ayant été ouverte avec précipitation. Il dévala les escaliers rapidement, faisant trembler la structure d'acier à chaque pas. La descente prit quelques minutes, ponctuées par des coups d’œils prévenants de la part du Russe.

Arrivés au premier étage, il abaissa l'échelle de sécurité et se mit à descendre rapidement. Son adrénaline n'avait pas chuté et ses gestes n'étaient toujours pas assurés. Il manqua de chuter sur quelques mètres en glissant et finit sa course en allant plus doucement.

Une fois sur le bitume, il attendit qu'Aellia finisse de descendre, l’œil alerte, les cheveux parsemés de sueur, et le rythme cardiaque à plein régime. L'attente était un supplice, et malgré qu'elle ne lui restait que quelques barreaux à franchir, il lui cria :


"Vite, plus vite !"

Il fut entendu par un petit détachement qui passait devant le portail du parking de livraison. Ils s’arrêtèrent nets, avec un certain sourire sur les lèvres. Ils ouvrirent le portail de fer et s'avancèrent tranquillement vers eux. Ils n'étaient qu'un petit nombre, mais toujours plus nombreux qu'eux, et mieux équipés.

Habe réalisa sa bêtise lorsqu'il vit que son impatience attira l'attention des vandales. Instinctivement, il fit comprendre à Aellia de rester en arrière et serra ses poings. Il baissa sa posture et ouvrit les bras. Ils étaient cinq, il était seul. Il n'avait pas peur, mais il craignait que le nombre ait raison de lui. Peu à peu, ils se formèrent autour de lui ; peu à peu, un calme inquiétant régnait sur son visage ; peu à peu, l'innocence qui le caractérisait partait en éclats. Il attendit, vigilant.

Un jeune homme d'une petite taille se jeta sur lui en criant. Il tenta de lui porta un coup horizontal avec une chaîne de métal. Afin de le surprendre, Habe se rapprocha de lui au dernier moment, le bout de la chaine finissant par faire le tour de son dos pour le frapper avec moins de force de l'autre côté. Il le saisit par le col, comme s'il avait été aussi léger qu'Aellia. Il le regarda dans les yeux, l'espace d'une seconde, et l'envoya de toute sa force quelques mètres sur le côté. Le pauvre se retrouva en l'air pendant quelques secondes, avant de chuter durement contre le sol cinq mètres plus loin, glissant sur une dizaine d'autres en percutant des palettes en bois. Les autres membres restèrent bloqués par cette image pendant quelques secondes, avant de hurler de rage et de tous lui fondre dessus en même temps.

Des lumières bleues et rouges et des sirènes. Des dizaines voitures de police passèrent juste devant-eux pour s'arrêter à l'entrée du casino. Dans ces conditions, les Kuragaris préférèrent retenir leur assaut. Non sans amertume, ils prirent leur ami par l'épaule et adressèrent un dernier message.


"Y'aura pas toujours ce gaijin pour te protéger, sale pute. On t'aura, et lui aussi maintenant."


Ils partirent avec le blessé sur leurs épaules. Habe ne s'attarda pas sur la menace de mort, préoccupé par les sirènes qui lui étaient désormais bien familières. Il se tourna vers Aellia.

"Il faut qu'on y aille, vite !"


Son ton d'enfant était revenu, comme si rien ne s'était passé. Il la reprit par le bras et se dirigea vers la direction opposé au portail, sûr de lui. Il se mit face à un muret et la saisit par la taille. Il la hissa au sommet et grimpa à son tour. C'était pas très haut, un peu plus d'un mètre soixante de hauteur. Il se laissa tomber et reprit sa course avec elle. Il ne lâcha pas sa main du début à la fin, tournant à différents virages sans les connaître. Au bout de cinq minutes, il se mit à marcher, bifurqua dans une ruelle et se mit à souffler profondément, persuadé d'avoir mis de la distance entre eux et les forces de l'ordre. Ses yeux étaient clos, ses narines respiraient largement, ses fesses étaient au sol, son cerveau était encore un peu agité.
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MessageSujet: Re: La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]   Ven 21 Juin - 2:53

Alors qu’Aellia manqua de perdre la tête à coup d’émotions qui ne lui étaient plus si familière, qu’Aoi voyait son travail s’effondrer et que le souvenir de son mari était souillé par les actes d’étrangers sans scrupules, Viktor reprit la situation en main. D’une voix calme, un presque fin sourire sur les lèvres, il commença par sécuriser l’étage à l’aide de la force brute d’Habe. Ce dernier ne semblait pas forcément comprendre, mais sa confiance aveugle en Viktor lui permit d’obéir à ses moindres ordres sans poser de questions. Aellia était restée debout près d’Aoi sans oser croiser une nouvelle fois son regard. Au point où en était la situation, la jeune femme n’avait plus qu’une envie : disparaitre de cet endroit et oublier la honte et les remords qui lui bouffaient le ventre.

L’ascenseur était maintenant bloqué, le silence revint un instant. Viktor continua de gérer la situation comme il l’entendait. Prenant son portable, il composa un numéro et, prenant une voix affolée, il demanda de l’aide à la police. Sans plus d’explication qu’un appel anonyme, il raccrocha. La police… C’était obligatoire d’en passer par là, pourtant la jeune femme sentit ses nerfs en prendre un nouveau coup. Elle était doublement plus dans la merde désormais. Il fallait qu’elle se tire… et vite ! Si perdue et paniquée qu’elle était en train de le devenir, Aellia manqua une partie des paroles que prononça une nouvelle Viktor en se rapprochant d’Habe. Elle ne vit qu’une liasse de billets changer de main et entendit son prénom être prononcé. Que lui réservait-on ? Elle ne le demanda pas, mais son regard se dirigea vers les fenêtres de la pièce. Sauter ? Elle savait qu’elle n’en sortirait pas indemne, mais pour une fois, la jeune fille s’en fichait. Ses plombs sautaient littéralement. Elle voulait s’enfuir comme une pauvre petite souris prise au piège sur une haute table… et elle s’en fichait si la fuite prenait avec elle la chute.

Viktor termina sur une promesse de prendre soin d’Aoi. Ce ne fut pas spécialement un élément qui rassura la jeune femme. Elle voulait protéger sa patronne, et l’aider comme l’adulte l’avait déjà fais pour elle. Pourtant, dans cette situation, elle n’en était pas capable. Ceci en rajoutant à sa frustration, la jeune femme fit un pas pour se rapprocher d’Aoi et tenter de parlementer, mais une main agrippa son avant-bras au même moment. Avant de comprendre, Habe la remorqua vers l’escalier de secours. Un « Non ! » en français s’échappa de sa bouche mais se perdit dans l’air sans que quelqu’un n’y fasse attention. En moins de temps qu’il ne faut pour le dire, Aellia était entrainée à la suite du géant.

La blonde n’eut plus vraiment loisir de penser ensuite. La descente dans les escaliers se fit au rythme du russe qui, il faut le dire, avait le temps de dévaler trois marche quand Aellia n’était descendue que d’une. Suivre Habe était déjà une épreuve en somme, mais avec la peur qui glissait dans ses veines, cela revenait d’un exploit… Alors que l’escalier se finissait, ce fut une échelle qui se présenta. La jeune femme regarda Habe la prendre en premier, et glisser jusqu’en bas lorsqu’il manqua la chute. Inspirant à fond pour éviter de tomber du haut de cette descente, Aellia essaya vaguement de calmer son cœur. Le cri d’Habe la fit sursauté alors qu’elle n’avait descendu que trois barreaux… son pied ripa mais, avec une souplesse brusque, elle s’arqua et se rattrapa. Terminant le plus vite possible sa descente, la jeune fille rejoignit Habe en voyant trouble. Alcool et adrénaline ne faisait pas bon ménage, apparemment.

Une porte s’ouvrit et le géant russe lui fit signe de ne pas bouger et de rester en arrière. Aellia ne le vit qu’à moitié. Une étrange réaction était en train de se faire dans sa tête. Sa vision déjà trouble se brouilla alors qu’une méchante nausée venait lui remonter l’estomac au bord des lèvres. Son cœur cognait comme un tambour affolé contre son sein gauche et elle avait l’impression de perdre son équilibre. Posant instinctivement une main sur sa poitrine, elle inspira une bouffée d’air. Quelques instants plus tard, la sensation horrible de perte de repères et d’équilibre s’éloigna. Aellia se redressa un peu. Une phrase vint cogner à ses oreilles mais elle ne réussit même pas à la comprendre. Autre chose attira son attention.

Des sirènes s’étaient mises à retentir ainsi que les lumières des gyrophares. Comprenant ce qui était en train d’arriver, la jeune fille fit un pas maladroit en essayant de retrouver le chemin de l’endroit où elle était. Mais étant encore sonnée de son léger malaise, elle n’arrivait à rien. Toujours aussi salvatrice, la main d’Habe vint accrocher une nouvelle fois son bras et entraina Aellia dans une course folle avec la peur et la fatigue comme autres concurrents. C’était un cross en ville, une course où aucun obstacle ne devait gêner leur progression. Et sans bien comprendre pourquoi, Aellia suivait le géant sans un mot, les pupilles dilatées et la respiration saccadée.

Autant dire que lorsqu’ils s’arrêtèrent, ce fut un soulagement incroyable qui empli la jeune femme. Pliée en deux, le dos appuyé contre un mur froid d’une ruelle, elle inspira à fond avec un sifflement dans la respiration. De la sueur avait collé ses cheveux sur son front et dans sa nuque et plaquait désagréablement ses habits sur son corps. Prenant le temps de reprendre son souffle, la jeune femme finit par pousser ses mains contre le mur et se redressa dans un léger tremblement. Regardant autour d’elle, elle finit par passer une main dans ses cheveux pour les repousser en arrière dans une coupe des plus horribles, et elle lança :

« On ne doit pas rester ici, les flics sont collants, mais ces connards de Kura’ le sont plus. Bouge-toi ! »

Faisant une dernière fois le tour sur elle-même, elle choisit de remonter la petite ruelle d’un pas nerveux et fatigué. Elle tourna une fois à droite, et deux fois à gauche, s’enfonçant de plus en plus dans les bas quartiers de la ville, regardant attentivement autour d’elle. Elle savait où elle était, et cela devait jouer en sa faveur ! Alors qu’ils atteignaient une énième ruelle, la jeune femme ouvrit de grands yeux et, sans laisser le temps à Habe de réagir, elle le poussa d’un grand coup d’épaule vers la droite, dans une ruelle un peu plus grosse. Posant un doigt sur ses lèvres, elle murmura :

« Ils sont là, ces chiens. »

Se tendant, immobile, dans le silence, ils purent en effet entendre des paroles s’élever pas très loin d’eux. Un groupe discutait vulgairement, avec des voix des petites racailles des rues. L’envie de leur foncer dessus et de les tuer percuta Aellia comme un raz-de-marée. Ses yeux s’assombrirent alors qu’elle se tendait comme un arc près à craquer… Elle n’en fit rien. Attrapant Habe par la main sans même réfléchir à ce geste et à la signification que cela pouvait provoquer chez les gens en général ou chez le russe, elle l’attira en silence vers le bout de la rue. Là, elle se glissa facilement entre deux morceaux d’une vieille palissade –Habe pouvait lui-même passer, mais cela était un peu plus dure vu sa grand taille-. Toujours sans un bruit, elle rejoignit un vieux bâtiment sur deux étages qui était désaffecté depuis des années. La jeune fille s’y était déjà cachée une fois, peu après son arrivée à Kensei et personne ne l’avait trouvée.

Une fois à l’intérieur, elle attira Habe dans une pièce au rez-de-chaussée, près de l’entrée. Avant qu’on ne lui pose des questions, elle expliqua :

« C’est un vieux bâtiment qui devait servir à accueillir des bureaux pour une entreprise étrangère. Faut faire gaffe, la dernière fois que j’y suis allée, il tombait littéralement en ruine… et ça c’était ya un sacré moment. Fait gaffe où tu poses tes pattes. »

Son chuchotement était distant, perdu. Une tumulte prête à explosée se cachait dessous et était visible à qui osait regarder et étudier Aellia. Inspirant doucement, la jeune femme essaya de faire un point sur la situation. Elle était bloquée avec Habe dans un foutu bâtiment qui risquait de leur tomber sur le coin du nez à tout moment, dans un quartier pas très éloigné des rues pleines de petit bistrots, échoppes et superettes, où alcooliques et sans domicile fixe étaient peu agréable avec la nuit tombante…. Et il faisait déjà nuit. Les Kuragari allaient la rechercher encore un moment, les flics aussi. Aoi avait vu son casino partir en morceau… et rien n’était sur quant à sa santé. Aellia était… fumée sur tous les plans !

Un coup de sang percuta la jeune femme qui, pour éviter de lâcher un rugissement de colère, donna un grand coup de point –de toutes ses forces- dans le mur qui n’avait rien demandé à personne à côté d’elle. Le plâtre était tellement moisi que la jeune fille traversa l’épaisseur du mur et fut entrainée dans son élan. Sa tête frappa la surface verticale, le plâtre lui arracha une partie de la peau sur le bras qui l’avait traversée et elle resta immobile un instant. Sans bien comprendre comme cela pouvait être possibles, des larmes montèrent à ses yeux et roulèrent sur ses joues. Se dépêtrant pour retirer son bras du trou et s’éloigner de cette construction qui avait été fragilisé par son idiotie, la blonde essaya d’essuyer l’humidité qui revenait sans cesse sur son visage. Voulant sauver le peu de crédibilité qui lui restait encore, elle lança avec hargne :

« Qu’est ce que tu fous la toi, encore ?! Ils n’en ont pas après toi, tu peux partir ! Ils… Ils… »

Rien ne sortit de plus parce que sa gorge se serra si fort qu’elle crut un instant s’arrêter de respirer. Glissant sur le sol, elle ramena ses genoux contre son visage et essaya de sa cacher. Aellia n’était plus la folle dangereuse et téméraire de tous jours, mais une jeune femme perdue et apeurée. La petite fille qu’elle n’avait jamais eu le temps d’être.


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La roulette russe. [Pv Habe Nemirov - Soft - En cours]

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